Savigny-le-Temple : la Scadif condamnée à verser 750 000 € de rattrapage de salaires à 42 salariés – Le Parisien

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Posté le 6 septembre 2016 // Étiquettes :

Article paru le 9 août 2016 // Étiquettes :

Pour défendre les salariés de la Scadif de Savigny-le-Temple, la CGT n’a pas peur de déplacer des montagnes… de cartons !

Après un premier succès concernant 42 salariés, le syndicat a déposé ce mardi au conseil de prud’hommes de Melun dix-neuf nouveaux dossiers pour réclamer un rattrapage de salaires au titre des accords collectifs de 2001 et de l’égalité de traitement après la loi sur les 35 heures.

Cela concerne la centrale d’achats des hypermarchés E. Leclerc et Leclerc Drive de l’Ile-de-France qui emploie 417 salariés équivalent temps plein, intérimaires inclus (chiffres d’octobre 2015) et réalisait, en 2013, un chiffre d’affaires de 862 M€. « Ceux qui ont été embauchés à la Scadif après l’entrée en vigueur de la loi sur les 35 heures étaient moins payés que ceux recrutés avant alors qu’un accord collectif stipulait noir sur blanc qu’il fallait prévoir un rattrapage des salaires », explique l’avocat de la CGT-Scadif, Me Rudy Ouakrat. « Seize ans après l’accord, les différences entre salaires se sont vraiment accrues ».

Cette procédure fait suite à une première action de grande ampleur menée pour le même motif pour 42 salariés dès le 24 janvier 2014. Elle s’est soldée par une victoire le 4 juillet dernier. Selon le conseil de prud’hommes de Melun, 750 000 € seront à répartir entre les 42 requérants, selon leur poste et ancienneté. Sans compter les dommages et intérêts, etc. Pour un cariste, le rattrapage devrait lui permettre de gagner entre 210 et 218 € de plus par mois. « Une belle victoire » ajoute l’avocat qui a « du mal à comprendre les réticences de la direction à respecter ces accords ».

Mais cette victoire reste partielle. « Le rattrapage n’a été effectué que sur les cinq dernières années. Pour le reste, il y a prescription. C’est autant de gagné pour la direction », soupire Bernard Burg, scrétaire dela CGT à la Scadif. Pire : selon lui, les 19 nouveaux requérants ne bénéficieront que de trois ans de rattrapage, au vu de la loi de 2013 sur la sécurisation de l’emploi.

Ce mardi soir, la direction de la Scadif, qui a fait appel du premier jugement, n’avait toujours pas répondu à nos sollicitations.