L’enquête sur le drame de la CPCU débouchera-t-elle ? – l’Humanité.fr

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Posté le 30 novembre 2005 // Étiquettes :

Article paru le 30 novembre 2005 // Étiquettes :

Les causes de l’accident du travail qui a coûté, en 2000, la vie à quatre salariés de la Compagnie parisienne de chauffage urbain restent inconnues.

Cinq années après le dramatique accident qui a coûté la vie à quatre salariés de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) et en a blessé onze autres dont plusieurs grièvement, l’instruction ouverte pour déterminer les causes du dégagement de vapeur dans la conduite de chauffage urbain, dans laquelle intervenaient les victimes, n’est toujours pas bouclée.

Le 15 novembre dernier, jour anniversaire de la tragédie, une centaine de personnes se sont réunies, à l’appel des fédérations CGT, SUD et CFE-CGC, devant le siège parisien de la compagnie, pour « réclamer l’accélération de l’enquête judiciaire en cours ». « Les familles pour faire leur deuil ont besoin de connaître la vérité sur les circonstances du décès de leurs proches », explique Éric Roulot, responsable national de la FNME CGT, partie civile dans le dossier ouvert pour « homicides involontaires et coups et blessures involontaires ». Le syndicaliste exige également que « l’affaire soit jugée et que la responsabilité de la direction soit établie ». Selon lui, « la conduite sur laquelle intervenaient les salariés a été mise en service trop rapidement, sans respect des normes de sécurité, pour des raisons de rentabilité ». Interrogée par l’Humanité, Marie-France Roy, responsable de la communication de la CPCU, a refusé de commenter ces déclarations. « La CPCU attend les conclusions de l’enquête », a-t-elle néanmoins précisé. « Des conclusions qui tardent », selon le conseil des familles et des parties civiles, maître Rachid Brihi. « Le rapport définitif des experts sur les circonstances de l’accident n’a toujours pas été déposé. Cinq ans, c’est long. En l’espèce, nous pouvons parler de délais (d’instruction – NDLR) déraisonnables au sens où l’entend la Cour européenne des droits de l’homme », juge l’avocat au barreau de Paris. Jointe par l’Humanité, Dominique Bibal-Sery, en charge de l’instruction, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce dossier.

Article paru dans l’Humanité.fr – 30.11.2005