Home Doors à Wambrechies : vers le redressement judiciaire ? – La Voix du Nord

Posté le 18 mai 2010 // Étiquettes :

Article paru le 18 mai 2010 // Étiquettes :

Trois jours à croiser les doigts. Après le dépôt de bilan de la société Home Doors (systèmes de placards à portes coulissantes) de Wambrechies, l’affaire était à l’audience du tribunal de commerce de Lille, hier.

Le président de l’entreprise a demandé le redressement judiciaire, tandis que, par la voix de son avocat, le comité d’entreprise a contesté la cessation de paiement, entre autres arguments. Jugement demain.

Il est 9 heures, hier matin. Au deuxième étage de l’immeuble du tribunal de commerce, quelques salariés de Home Doors, de Wambrechies, attendent à la porte d’une des deux salles d’audience. Une cinquantaine de leurs collègues patientent dans la grande salle d’attente en haut des escaliers. En bas, à l’extérieur, devant la façade, une trentaine d’autres discutent. Et les gilets fluo sont de sortie. D’ici une heure ou deux, ils sauront ce qui s’est dit à l’audience. En jeu, la survie de l’entreprise et ses 143 emplois.

« On a un superproduit… »

Le dépôt de bilan date du 30 avril. Secrétaire du comité d’entreprise, quinze ans de maison, Karim Meddah semble animé d’une colère froide : « On a un superproduit, les clients téléphonent pour demander « quand est-ce qu’on retravaille ensemble ». Il y a deux mois, en plus de l’effectif, on avait 90 intérimaires. Sur notre marché (placards à portes coulissantes) , il y a quatre grandes entreprises comme nous. On a les plus grandes enseignes de la grande distribution bricolage dans la clientèle. » Karim ajoute : « La moyenne d’âge chez nous est de 45 ans, Certains sont là depuis plus de vingt ans. Comment ils se reconvertissent si ça ferme ?

» Les débuts … c’était du temps du créateur, Éric Dewavrin, avec la société Nirva. Bernard Héry a connu : « On était une dizaine à la production, une vingtaine avec les chauffeurs et ceux des bureaux. »

Amertume.

Un salarié fait remarquer pour sa part : « On n’a pas de service de prix de revient, on ne sait pas combien a coûté une pièce qu’on a fabriquée. On n’a pas de système pour prévenir les risques de rupture de stock de pièces détachées entrant dans nos fabrications.

Quand elles viennent à manquer, ça cause des retards de livraison, essentiellement dans le sur mesure, qui constitue 60 % de notre chiffre d’affaires. Notre système informatique a été changé récemment, il plante régulièrement. On a onze directeurs ; c’est trop lourd, on avait prévenu. »

Expertiser les comptes.

Hier au tribunal, le président de la société, Peter Buchanan, a demandé le redressement judiciaire. De son côté, le comité d’entreprise a mandaté un avocat, Zoran Ilic, du cabinet parisien Grumbach. Il expliquait après l’audience : « On a contesté la cessation de paiement. On demande la nomination d’un juge pour expertiser les comptes. La société n’a jamais communiqué au CE ses éléments comptables, économiques et financiers justifiant un dépôt de bilan. En 2009, il devait y avoir une expertise des comptes par un expert du CE, mais il n’a pas eu les informations nécessaires. » Et maintenant ? Le jugement interviendra demain. En attendant, Beguim Sahraoui (délégué CGT) commente : « On va rester soudés. Demain(aujourd’hui), on tient une assemblée générale. Pour l’instant, on n’arrête pas la production. » •

Article paru dans La Voix du Nord – 18.05.2010